Vers une plus grande diversité des entrepreneurs israéliens

Cet article est extrait du magazine L’Arche de septembre-octobre 2019.

Après 10 ans passés dans l’écosystème entrepreneurial israélien, nous pouvons dire que la “Startup Nation” véhicule un imaginaire du profil typique de l’entrepreneur israélien : homme, blanc, diplômé des meilleures universités du pays, et ayant servi au sein de la fameuse unité 8 200. Derrière ces profils impressionnants et majoritaires, religieux, arabes israéliens, nouveaux immigrants et femmes tentent à leur tour d’intégrer la cour des grands : la soif d’entreprendre touche tout le monde.

Le professeur au Technion Hossam Haïck, arabe israélien, né à Nazareth, en est un exemple des plus impressionnants. Il est à l’origine de la technologie révolutionnaire du nez électronique : SniffPhone permet de détecter certains types de cancers, de façon précoce, via un simple test d’haleine avec un appareil de la taille d’un éthylomètre portable.

Le grand professeur Shulamit Levenberg mène, quant à elle, des recherches fondamentales sur la croissance et la manipulation de cellules souches et l’ingénierie tissulaire qui ont été mondialement saluées par la communauté des chercheurs. Levenberg a reçu le prix d’excellence Krill décerné par la Fondation Wolf, et a été désignée par le magazine Scientific American comme la “Research leader” en génie tissulaire.

En partenariat avec 80 entreprises telles que Cisco ou Google, Moshé Friedman fonde en 2013, Kama Tech, un accélérateur aidant hommes et femmes ultra-orthodoxes à créer leur startup et à prendre part au secteur des hautes technologies.

Des inégalités de genre subsistent dans ce milieu : le nombre de femmes entrepreneurs reste relativement faible (autour de 8 %). Dans le portefeuille de SeedIL, ce ratio est plus élevé : les startups Donde Search dans l’intelligence artificielle et Sweetch en santé digitale, par exemple, respectivement fondées et dirigées avec brio par Liat Zakay et Dana Chanan.

Les Israéliens ont bien compris l’effet naturel du commerce décrit par Montesquieu. C’est pourquoi des organismes tel que Power of Diversity : une organisation regroupant 30 fonds de capital-risque (“VC”) souhaite diversifier les investissements et promouvoir l’intégration des Arabes israéliens dans la high-tech. L’accélérateur Hybrid, dirigé par des anciens de l’unité 8200, a également pour mission de faire éclore des entreprises en phase d’amorçage dirigées par des Arabes israéliens.

The Hive, un accélérateur de l’association Gvahim lancé en 2010, aide les nouveaux immigrants diplômés à créer leur entreprise en Israël. De nombreux olim ont également parfaitement pris part à l’écosystème israélien : Bruno Guez, fondateur de Revelator, franco-américain d’origine, aujourd’hui installé à Jérusalem, développe le premier portefeuille digital permettant aux compositeurs et artistes de percevoir, en temps réel, leurs droits d’auteur lors de la diffusion de leurs titres.

L’écosystème entrepreneurial israélien est aussi hétéroclite que sa société. Créer un intérêt commun et une dépendance entre les peuples est vecteur de paix sociale. La seule exigence est le résultat. Et les résultats sont là.

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Managing Partner at SeedIL Ventures, also founder and manager of SeedIL Club. Expert in seed funding in Israeli startups.

Managing Partner at SeedIL Ventures, also founder and manager of SeedIL Club. Expert in seed funding in Israeli startups.