En Israel, la high tech prépare le nouveau monde du travail

La crise du coronavirus est-elle en train de modifier durablement la façon dont nous travaillerons

Retour vers le futur

Metro, boulot, dodo…n’est-ce désormais plus qu’un lointain souvenir ? Alors que la culture du travail sur site s’était profondément ancrée dans les mœurs, la période de confinement a poussé des millions de personnes à travers le monde à travailler de chez eux. En bouleversant la culture du travail traditionnelle, la crise du Covid-19 a fait du télétravail la norme quand elle n’était jusqu’alors qu’une exception, mettant en lumière un système qui a su prouver son efficacité et plébiscité par un nombre croissance de nouveaux adeptes.

Experts et professionnels ne tarissent d’ailleurs pas d’éloges à son sujet. Eden Sachat, cofondeur du fonds de VC Aleph Ventures, affirme que le coronavirus a accéléré notre évolution vers le monde de demain. Pour le psychologue Elad Room, le progrès constaté aujourd’hui dans le monde du travail n’aurait vu le jour que d’ici 5 à 10 ans sans la crise actuelle. Le professeur Guy Mundlak de la Tel Aviv University souligne quant à lui que de nombreuses prophéties et pratiques évoquées dans des rapports sur l’environnement du lieu de travail en 2030 sont en train de rapidement s’implanter. Travailler n’importe où et n’importe quand, ordinateur portable sous le bras… un concept fantasmatique pour beaucoup hier, une hypothèse plausible en 2020.

Chacun sa route, chacun son chemin

À l’instar de certaines compagnies internationales majeures, le télétravail pourrait durablement s’installer dans la culture d’entreprise. Cette solution offre plus de temps libre, de flexibilité — nouveau point clef pour l’attractivité des entreprises — et améliore le « work life balance » des salariés, notamment avec enfants. En plus de réduire drastiquement les coûts, elle diminue les bouchons, la pollution, et contribue à l’éclatement géographique des bassins de talents. Salariés comme employeurs semblent emballés : Twitter par exemple a permis à ses employés de travailler de chez eux à vie s’ils le souhaitent. Dans son sillage, Facebook, Salesforce, Spotify ou encore Google ont offert à leurs salariés la possibilité de télétravailler au moins jusqu’en 2021. Pour le CEO de LivePerson Inc, qui planifie de fermer 17 de ses bureaux à travers le monde, « les bureaux appartiennent désormais au passé ».

Mais de nombreux challenges se dessinent dans l’ombre de cet idéal : maintenir un niveau d’engagement élevé, une frontière claire entre vie privée et professionnelle, encourager l’échange d’idées pour soutenir l’innovation, l’interaction sociale, résister à l’épreuve des heures passées sur Zoom et définir de nouveaux outils pour mesurer la productivité… C’est pourquoi d’autres sociétés y préfèrent une solution hybride, partagée entre le travail au bureau et le travail à la maison. C’est le cas de Check Point Technologies en Israël, de PSA en France ou encore de la Royal Bank of Scotland. Les espaces de coworking répondent d’ailleurs parfaitement à ces besoins en offrant des infrastructures de proximité, flexibles tout en maintenant une interaction sociale contrôlée. Benjy Singer, Manager Israel de Wework, en est certain : la tendance évoluera davantage vers un « travailler près de chez soi » que d’un « travailler de chez soi ».

À contre-courant de ces dynamiques novatrices, Intel Israël a récemment annoncé l’achat de nouveaux bureaux à Tel Aviv, emboitant le pas à Facebook ou Microsoft qui élargissent leurs bureaux au sein de la capitale afin de consolider leur présence locale, pour le bonheur des nostalgiques du travail pré-covid. Au bureau, à la maison ou entre les deux, une chose est sûre, il y’en aura pour tous les goûts.

Le temps de l’innovation

Face à cette transformation majeure de la culture de travail, certains secteurs connaissent une accélération fulgurante quand d’autres doivent s’efforcer de s’adapter à cette nouvelle réalité.

Pour myInterview, plateforme intelligente de recrutement vidéo, le secteur des RH doit se réinventer pour s’adapter à cette mutation du mode de travail. Cette société offre aux PME et top 10 entreprises l’opportunité de gagner du temps, de l’argent et d’obtenir des informations plus pertinentes sur le candidat pour un rôle spécifique et tout cela à distance.

Le confinement a vu le secteur de l’éducation prendre un virage positif vers l’innovation et le digital : formations à distance, programmes éducatifs en ligne, plateformes collaboratives… C’est le cas de myQuest, plateforme de formation professionnelle adaptative permettant d’entrainer managers, employés et clients plus efficacement et en moins de temps.

Enfin, le secteur du retail est frappé de plein fouet par la crise. Comme partout ailleurs, les israéliens désertent les supermarchés et les malls, synonymes de proximité, de foules, de contacts physiques et de risque potentiel de contamination. Shopic incarne alors le supermarché de demain, en proposant une expérience sans queue et sans contact.

Si nul ne peut prédire quel tournant prendra la culture de travail à long terme, une chose est sûre, la crise va marquer durablement la façon dont nous travaillerons et impose aux employeurs une flexibilité qui n’aurait jamais eu lieu d’être sans ce tragique épisode.

Managing Partner at SeedIL Ventures, also founder and manager of SeedIL Club. Expert in seed funding in Israeli startups.

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